Arrêter de fumer sans spray buccal : efficacité et effets indésirables
Bouche et gorge : 1,9 fois plus de douleurs (formes orales)- 1,9 fois
- plus de douleurs bouche et gorge avec les formes orales
- 1,03
- rapport de cotes des substituts achetés sans suivi, toutes formes
Le spray buccal aide-t-il à arrêter ?
La réponse change selon qu'on regarde un essai clinique ou la vie réelle.
Dans les études cliniques, les substituts améliorent les chances de réussite
Une revue Cochrane de 133 essais cliniques montre que les substituts nicotiniques augmentent les chances d'arrêt d'environ 55 % par rapport à l'absence de substitut. Le spray appartient aux formes étudiées.
Voici l'ordre de grandeur pour 100 tentatives : environ 6 réussites sans aide, 9 avec une seule forme de substitut, 12 avec un patch associé à une forme orale. Aucune différence d'efficacité n'est constatée entre le spray, la gomme, la pastille et le patch utilisés seuls.
Les conditions de ces essais comptent. Les participants sont généralement suivis, avec des conseils, des rappels et des consultations, ce qui n'est pas le cas d'un fumeur qui achète un flacon et l'utilise sans aide extérieure.
Sans accompagnement, les résultats sont beaucoup moins convaincants
Les enquêtes en population ne séparent pas les formes de substituts : elles parlent des substituts en général, pas du spray en particulier.
Les substituts achetés librement n'étaient associés, en Angleterre, à aucun gain mesurable de réussite, avec un rapport de cotes de 1,03. Sur ordonnance, donc avec un suivi, le même rapport grimpait à 1,33.
Dans le Baromètre de Santé publique France 2017, les personnes ayant pris uniquement des substituts étaient moins souvent abstinentes à douze mois que celles qui n'avaient rien pris. Il ne faut pas y lire un effet néfaste du spray : les fumeurs plus dépendants sont sans doute plus nombreux à s'équiper, et les auteurs parlent d'un effet « probablement limité » en conditions réelles.
La Haute Autorité de santé (HAS) fait état d'une observation voisine chez les praticiens : ceux qui prescrivent des substituts n'obtiennent pas plus d'arrêts que ceux qui n'en prescrivent pas, dans certaines études. Cela ne contredit pas les essais cliniques. Notre article sur le spray nicotinique, fiable ou mauvais pour la santé revient sur la question.
L'accompagnement semble jouer un rôle essentiel
Une étude anglaise relie l'accompagnement individuel à des chances de succès presque triples par rapport à un arrêt sans aide, quand il s'ajoute à un substitut. Le substitut seul ne fait pas mieux que l'absence d'aide.
Les groupes de soutien ont aussi un effet. Sur 13 essais, ils augmentaient de 88 % les chances de réussite par rapport à un livret d'auto-assistance.
Un accompagnement gratuit est accessible : Tabac info service répond au 39 89, du lundi au samedi, de 8 h à 20 h.
| Méthode étudiée | Résultat observé |
|---|---|
| Substitut, toutes formes, en essai clinique | 55 % de chances d'arrêt supplémentaires (Cochrane 2018) |
| Substitut acheté sans ordonnance et sans suivi | Pas d'écart mesurable en Angleterre (1,03) |
| Substitut obtenu sur ordonnance | 33 % de chances supplémentaires en Angleterre |
| Substitut utilisé seul en France | Abstinence moins fréquente à 12 mois dans l'enquête (0,62) |
| Substitut avec accompagnement individuel | Près de trois fois plus de chances de réussite en Angleterre |
Ces résultats sont tirés d'études dont les méthodes et les populations diffèrent. Ils ne forment pas une comparaison directe entre cinq situations, et aucun ne concerne le spray seul.
Quels sont les effets secondaires du spray à la nicotine ?
La méta-analyse de référence porte sur 92 essais et 32 185 participants, avec un placebo comme point de comparaison. Elle réunit gommes, pastilles, inhalateur et spray dans les formes orales et ne donne pas de chiffres propres au spray.
Pour l'ensemble des formes orales, le hoquet est 7,7 fois plus fréquent que sous placebo, la toux 2,9 fois, les douleurs de la bouche et de la gorge 1,9 fois et les aphtes 1,5 fois. Les autres effets du tableau valent pour toutes les formes de substituts.
| Effet indésirable | Ce que montrent les études |
|---|---|
| Hoquet | 7,7 fois plus fréquent avec une forme orale |
| Toux | 2,9 fois plus fréquente avec une forme orale |
| Douleurs de la bouche et de la gorge | 1,9 fois plus fréquentes avec une forme orale |
| Aphtes | 1,5 fois plus fréquents avec une forme orale |
| Palpitations et douleurs thoraciques | Environ 2 fois plus fréquentes, soit 2,5 % contre 1,4 % sous placebo (toutes formes) |
| Nausées | 1,7 fois plus fréquentes (toutes formes) |
| Insomnie | 1,4 fois plus fréquente (toutes formes) |
Ces effets sont le plus souvent légers. La méta-analyse ne conclut pas à un danger et recommande d'informer les patients.
Les aphtes viennent surtout de l'arrêt, pas du produit
Une étude a suivi 1 234 personnes abstinentes depuis au moins une semaine. Environ 40 % ont eu des aphtes après l'arrêt, essentiellement pendant les deux premières semaines.
Elle compare le patch, le spray nasal et les formes à sucer ou à mâcher. Le spray buccal n'y est pas mesuré.
Les auteurs concluent que les aphtes résultent de l'arrêt du tabac lui-même, non du traitement.
Et concernant le cœur ou la santé mentale ?
Les données vont plutôt dans un sens rassurant. La méta-analyse ne constate pas plus d'anxiété ni de dépression sous substitut que sous placebo.
Les essais n'indiquent pas non plus de hausse du risque d'infarctus, y compris pour des patients déjà atteints d'une maladie cardiaque. Les palpitations et les douleurs dans la poitrine sont en revanche deux fois plus fréquentes sous substitut, toutes formes confondues, spray compris.
Spray buccal : remboursement à vérifier selon le produit
Depuis le 1er janvier 2019, l'Assurance Maladie prend en charge à 65 % les substituts nicotiniques de la liste des produits remboursables, sur ordonnance, sans plafond annuel. Les 35 % restants sont à votre charge, hors mutuelle.
Médecins, dentistes, sages-femmes, infirmiers et kinésithérapeutes peuvent les prescrire. Le traitement dure en général de trois à six mois.
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Questions fréquentes
Peut-on arrêter d'un coup sans spray après vingt ans de tabac ?
Les enquêtes ne tiennent pas compte de l'ancienneté du tabagisme, donc aucune donnée ne vise cette situation. Elles indiquent que 69 % des tentatives se font sans aide et 75 % d'un coup. Sans traitement, 3 à 5 % des fumeurs sont encore abstinents un an plus tard.
Le spray est-il plus efficace que la gomme ou le patch ?
Pris isolément, aucune forme n'a montré une efficacité supérieure aux autres. Un patch associé à une forme orale fait mieux qu'une forme seule : environ 12 réussites sur 100, contre 9. Sans aucune aide, on compte environ 6 réussites sur 100. Notre article sur les substituts pour couper les envies décrit l'usage des formes à la demande.
Le spray à la nicotine est-il mauvais pour le cœur ?
Les essais sur les substituts ne relèvent pas de hausse du risque d'infarctus, même chez des patients déjà malades du cœur. Les palpitations et les douleurs dans la poitrine sont deux fois plus fréquentes sous substitut, 2,5 % contre 1,4 %. Ces chiffres couvrent toutes les formes, spray compris.
Combien de temps dure le manque sans substitut ?
Le sevrage culmine la première semaine et dure de deux à quatre semaines. À 30 jours, il est revenu à la normale chez ceux qui tiennent, sauf pour la faim et le poids. L'envie de fumer peut persister des années : 59 % des anciens fumeurs abstinents depuis un à dix ans en ressentent encore.
Réduire avec un spray avant d'arrêter, ou arrêter net ?
Dans l'essai de 697 fumeurs, l'abstinence à quatre semaines était de 49 % après un arrêt net et de 39 % après une réduction, avec des substituts dans les deux groupes. Sur 22 essais, Cochrane conclut à une équivalence. Aucun de ces travaux ne teste le spray en particulier.
Sources
- West et Sohal 2006 : les arrêts non planifiés tiennent plus souvent 6 mois. Consulter la source
- Cooper 2010 (ITC, 4 pays) : décider sur le moment ne change pas le résultat à 6 mois. Consulter la source
- Baromètre Santé publique France 2017 : 69,1 % des dernières tentatives d'arrêt faites sans aucune aide. Consulter la source
- Fekom 2022 (Baromètre 2017) : 61,7 % des dernières tentatives sans aucune aide, 25 % en arrêt progressif. Consulter la source
- Eurobaromètre spécial 539 (2023) : attitudes des Européens face au tabac, méthodes utilisées pour arrêter. Consulter la source
- Angleterre 2023-2024 : 40,8 % des tentatives sans aide, et un tiers de chances en moins de réussir. Consulter la source
- Perski 2022 : 92 % des tentatives sans aide courtes et anciennes ne sont jamais déclarées. Consulter la source
- HAS 2014 argumentaire scientifique : arrêt sans traitement, date d'arrêt, arrêt progressif contre arrêt complet. Consulter la source
- Substituts nicotiniques (patchs, gommes, pastilles, spray, inhaleur). Consulter la source
- Mills 2010 : les substituts nicotiniques doublent le risque de palpitations et douleurs thoraciques (OR 2,06). Consulter la source
- Aphtes après l'arrêt du tabac : deux personnes sur cinq. Consulter la source
- OFDT 2023 : une préférence durable pour l'arrêt autonome, en recul de 61 % à 40 % en Australie. Consulter la source
- Gritz 1991 : chez 554 personnes arrêtant seules, au moins 87 % ont des symptômes de sevrage la première semaine. Consulter la source
- Symptômes du sevrage tabagique : lesquels sont validés, lesquels ne le sont pas, et combien de temps ils durent. Consulter la source
- Hughes 1992 : chez ceux qui arrêtent seuls, les symptômes reviennent à la normale en 30 jours, sauf la faim et le poids. Consulter la source
- Prise de poids après l'arrêt du tabac : 4 à 5 kg en moyenne à 12 mois, l'essentiel sur les 3 premiers mois. Consulter la source
- L'envie de fumer (craving) : ce qu'on sait de sa durée, et ce qui circule sans source. Consulter la source
- Sevrage brutal vs sevrage progressif. Consulter la source
- Cochrane 2019 : réduire avant d'arrêter ou arrêter d'un coup, mêmes chances à 6 mois. Consulter la source
- Thérapie de groupe et effet de réseau social. Consulter la source
- Cochrane 2018 : renforcer le soutien d'un partenaire n'augmente pas l'abstinence (RR 0,97 à 6-9 mois, 1,04 à 12 mois). Consulter la source
- Depuis le 1er janvier 2019, les substituts nicotiniques sont remboursés à 65 % sur ordonnance, sans plafond annuel. Consulter la source
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