Arrêter de fumer sans cigarette électronique : vape ou substituts ?
+ 59 % d'arrêts face aux substituts, 2 ans de recul- + 4 sur 100
- arrêts avec une cigarette électronique nicotinée face aux substituts, en essai
- 44 %
- des utilisateurs ne fumaient plus dans l'enquête française de 2017
La cigarette électronique aide-t-elle plus à arrêter que les substituts ?
Sur ce point, les recherches sont assez claires : oui, les essais et les enquêtes en vie réelle convergent. Il faut en revanche regarder dans quelles conditions et avec quel niveau de certitude.
Dans les essais cliniques, environ 4 arrêts de plus sur 100
La revue Cochrane de 2024 a réuni 88 études et 27 235 participants. Face aux patchs et aux gommes, la cigarette électronique avec nicotine augmente les chances d'arrêt de 59 %, avec une certitude notée élevée. Cela représente environ 4 arrêts de plus pour 100 tentatives.
Face à un simple soutien ou à l'absence d'aide, l'augmentation atteint 88 %, avec une certitude notée faible. Là encore, cela représente environ 4 arrêts de plus pour 100.
Il faut toutefois tenir compte de la qualité des études. Sur les 88 réunies, 10 présentaient un faible risque de biais et 58 un risque élevé.
En vie réelle, l'écart se maintient
En Angleterre, les chercheurs ont observé un rapport de cotes de 1,95 pour les personnes ayant tenté d'arrêter avec une cigarette électronique, soit près de deux fois plus de chances d'avoir réussi. Les substituts achetés sans ordonnance et sans suivi n'apportaient aucun avantage mesurable.
En France, dans le Baromètre de Santé publique France 2017, les utilisateurs de cigarette électronique étaient 1,4 fois plus souvent abstinents à six mois, puis 1,6 fois plus à douze et à vingt-quatre mois. Au moment de l'entretien, 44 % d'entre eux ne fumaient plus, contre 33 % de ceux qui n'avaient rien pris.
Le tableau est toutefois plus contrasté selon les profils. Chez les hommes qui avaient déjà essayé d'arrêter, la cigarette électronique seule doublait la part d'abstinents. Chez les femmes, aucune aide n'était associée à l'abstinence.
Ces enquêtes sont déclaratives et rétrospectives. Les auteurs notent que les vapoteurs encore actifs se souviennent mieux de l'aide qu'ils ont utilisée, ce qui peut influencer les résultats.
| Méthode étudiée | Résultat observé |
|---|---|
| Cigarette électronique contre substituts, en essai | 59 % de chances d'arrêt supplémentaires, environ 4 sur 100 de plus (Cochrane 2024, 7 essais) |
| Cigarette électronique contre rien ou soutien seul, en essai | 88 % de chances supplémentaires, environ 4 sur 100 de plus (Cochrane 2024, 9 essais) |
| Cigarette électronique en Angleterre | Près de deux fois plus de chances d'avoir réussi (Smoking Toolkit Study, 2006-2024) |
| Cigarette électronique en France | 1,6 fois plus d'abstinents à 12 mois (Baromètre 2017) |
| Substitut acheté sans ordonnance et sans suivi, en Angleterre | Aucun écart mesurable |
Ces résultats proviennent d'études différentes, avec des méthodes et des populations qui ne sont pas identiques. Ils ne doivent donc pas être interprétés comme une comparaison directe entre cinq approches.
Ce que « sans cigarette électronique » veut dire
La cigarette électronique apporte de la nicotine. L'enquête française ne dit pas combien de ces anciens fumeurs vapotaient encore au moment de l'entretien.
La position française est aussi plus prudente que les conclusions de Cochrane. En 2014, la Haute Autorité de santé (HAS) estimait les preuves insuffisantes et gardait les substituts nicotiniques en traitement de première intention. L'ANSES envisage la cigarette électronique comme une solution transitoire pour arrêter de fumer, jamais comme un produit d'entrée pour un non-fumeur.
En France, la cigarette électronique n'est ni un médicament ni un dispositif médical. Elle ne peut donc pas se présenter comme une aide validée à l'arrêt du tabac.
Quels sont les effets secondaires de la cigarette électronique ?
La revue Cochrane de 2024 a comparé les effets indésirables non graves de la cigarette électronique à ceux d'un arrêt sans produit, de substituts nicotiniques et d'une cigarette électronique sans nicotine.
Les effets les plus souvent rapportés sont l'irritation de la gorge et de la bouche, les maux de tête, la toux et les nausées. Ils tendent à s'estomper avec la poursuite de l'usage.
| Effet indésirable | Ce que montrent les études |
|---|---|
| Effets non graves, contre rien ou soutien seul | 1,22 fois plus fréquents (4 essais, 765 participants, certitude faible) |
| Effets non graves, contre substituts nicotiniques | Pas d'écart : 23 contre 24 pour 100 |
| Effets non graves, avec contre sans nicotine | Pas d'écart : rapport de 1,01 |
| Irritation de la gorge et de la bouche, maux de tête, toux, nausées | Les plus rapportés, sans pourcentage par symptôme dans la revue |
Ces chiffres ne disent pas que la cigarette électronique est dangereuse. La revue souligne surtout que son usage s'accompagne d'inconforts plus fréquents que l'absence de tout produit.
Que sait-on de la sécurité de la cigarette électronique ?
Cochrane n'a pas détecté de preuve de dommage grave lié à la cigarette électronique nicotinée. Face aux substituts, les effets graves ne diffèrent pas de façon fiable.
Le suivi le plus long est de deux ans, sur un petit nombre d'études. Personne n'a de données au-delà, et c'est la principale limite de ces résultats.
L'ANSES a examiné plus de 3 000 études en 2024. Elle retient un effet probable sur la pression artérielle et la fréquence cardiaque avec nicotine, d'une gravité inférieure à celle du tabac fumé. Un pneumologue donne son avis dans cigarette électronique, l'avis d'un pneumologue.
La cigarette électronique est-elle remboursée ?
La cigarette électronique n'est pas remboursée : elle n'est ni un médicament ni un dispositif médical.
L'économie la plus importante reste celle réalisée sur les cigarettes que l'on n'achète plus. Pour connaître le montant correspondant à votre ancienne consommation, vous pouvez utiliser notre simulateur d'économies après l'arrêt du tabac. Vous pouvez également suivre votre progression avec le compteur de cigarettes non fumées.
Questions fréquentes
La cigarette électronique fait arrêter plus souvent que les patchs, alors pourquoi s'en passer ?
Dans les essais, elle fait arrêter environ 4 personnes de plus sur 100 que les substituts nicotiniques. En contrepartie, elle entretient la dépendance à la nicotine, et le recul le plus long est de deux ans. Les études sont détaillées dans cigarette électronique pour arrêter de fumer, que disent les études.
Arrêter sans cigarette électronique, est-ce plus difficile ?
Par tentative, arrêter sans aucune aide réussit moins souvent : en Angleterre, un tiers de chances en moins après comparaison des profils. En revanche, 69 % des dernières tentatives françaises se font sans rien, et chez les personnes qui tiennent 30 jours, les symptômes de sevrage sont revenus à leur niveau d'avant, sauf la faim et le poids.
Combien de temps dure le manque sans cigarette électronique ?
Les symptômes sont généralement les plus intenses pendant la première semaine. Ils durent ensuite de deux à quatre semaines. Certaines envies de fumer peuvent toutefois réapparaître bien plus tard : 59 % des anciens fumeurs abstinents depuis un à dix ans en ressentent encore.
J'ai arrêté de fumer avec une cigarette électronique et je vapote encore, que faire ?
Les enquêtes françaises comptent les anciens fumeurs, pas les vapoteurs qui ont cessé : dans le Baromètre 2017, 44 % des utilisateurs de cigarette électronique ne fumaient plus, sans que l'on sache combien vapotaient encore. L'ANSES la conçoit comme une solution transitoire. L'article arrêter de vapoter du jour au lendemain traite la suite.
Vaut-il mieux diminuer progressivement ou arrêter d'un coup ?
Les études comparant l'arrêt brutal à une réduction progressive ne montrent pas de différence significative de réussite à six mois. Le choix dépend donc surtout de ce que vous supportez le mieux et de l'accompagnement dont vous disposez.
Sources
- Depuis le 1er janvier 2019, les substituts nicotiniques sont remboursés à 65 % sur ordonnance, sans plafond annuel. Consulter la source
- West et Sohal 2006 : les arrêts non planifiés tiennent plus souvent 6 mois. Consulter la source
- Cooper 2010 (ITC, 4 pays) : décider sur le moment ne change pas le résultat à 6 mois. Consulter la source
- Baromètre Santé publique France 2017 : 69,1 % des dernières tentatives d'arrêt faites sans aucune aide. Consulter la source
- Fekom 2022 (Baromètre 2017) : 61,7 % des dernières tentatives sans aucune aide, 25 % en arrêt progressif. Consulter la source
- Eurobaromètre spécial 539 (2023) : attitudes des Européens face au tabac, méthodes utilisées pour arrêter. Consulter la source
- Angleterre 2023-2024 : 40,8 % des tentatives sans aide, et un tiers de chances en moins de réussir. Consulter la source
- Perski 2022 : 92 % des tentatives sans aide courtes et anciennes ne sont jamais déclarées. Consulter la source
- HAS 2014 argumentaire scientifique : arrêt sans traitement, date d'arrêt, arrêt progressif contre arrêt complet. Consulter la source
- Cochrane 2024 : e-cigarette nicotinée, 22 % d'effets indésirables non graves en plus qu'un arrêt sans produit, suivi maximal deux ans. Consulter la source
- Cigarette électronique / vapotage comme outil de sevrage. Consulter la source
- Gritz 1991 : chez 554 personnes arrêtant seules, au moins 87 % ont des symptômes de sevrage la première semaine. Consulter la source
- Symptômes du sevrage tabagique : lesquels sont validés, lesquels ne le sont pas, et combien de temps ils durent. Consulter la source
- Hughes 1992 : chez ceux qui arrêtent seuls, les symptômes reviennent à la normale en 30 jours, sauf la faim et le poids. Consulter la source
- Prise de poids après l'arrêt du tabac : 4 à 5 kg en moyenne à 12 mois, l'essentiel sur les 3 premiers mois. Consulter la source
- L'envie de fumer (craving) : ce qu'on sait de sa durée, et ce qui circule sans source. Consulter la source
- Sevrage brutal vs sevrage progressif. Consulter la source
- Cochrane 2019 : réduire avant d'arrêter ou arrêter d'un coup, mêmes chances à 6 mois. Consulter la source
- Thérapie de groupe et effet de réseau social. Consulter la source
- Cochrane 2018 : renforcer le soutien d'un partenaire n'augmente pas l'abstinence (RR 0,97 à 6-9 mois, 1,04 à 12 mois). Consulter la source
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