J'ai fumé avant mon opération...
Vous avez craqué... Pourtant l'anesthésiste vous avertissait de ne pas allumer une seule cigarette avant l'opération... l'envie était trop forte ! Désormais, vous êtes stressé et vous vous posez mille questions quant à la tenue de l'intervention...
Vous avez fumé unecigarette avant votre opération ? Voici tout ce que vous avez besoin de savoir.
J'ai fumé avant mon opération, c'est grave ?
La décision revient à votre médecin. Lui seul pourra vous dire si oui ou non l'acte médical aura lieu. Mais si vous êtes ici, c'est que vous souhaitez être rassuré.
Les professionnels de santé conseillent d'arrêter de fumer 4 à 6 semaines précédent une opération chirurgicale , qu'elle nécessite une anesthésie locale ou générale. La raison est que fumer peut multiplier les risques de complications jusqu'à 50 %. Infections, mauvaise cicatrisation... passer au bloc comporte des risques, fumer les multiplie.
Lors d'une anesthésie générale , les poumons jouent un rôle crucial. Ils sont notamment responsables de la respiration et de l'oxygénation du corps. Les patients chirurgicaux à haut risque sont évidemment plus exposés (comme lors d'une chirurgie cardiaque, pulmonaire ou hépatique). Mais attention, fumer une cigarette avant une chirurgie ambulatoire l'est tout autant, que ce soit pour une opération de la cataracte ou une cure de varices.
Les médicaments anesthésiques vont provoquer une diminution de la pression artérielle et un ralentissement du rythme cardiaque. Le tabagisme va amplifier le phénomène, avec des organes essentiels qui risquent de ne pas remplir complètement leur fonction pendant l'anesthésie.
Consommer du tabac avant opération provoque une diminution de l'oxygénation du cerveau, ainsi qu'une augmentation du risque de problèmes cardiovasculaires pendant l'intervention chirurgicale et plus tard, durant la phase de réveil.
Un chiffre à retenir : les fumeurs ont 77 % de risques supplémentaires d'une attaque cardiaque après l'intervention, comparé aux non-fumeurs.
Il est important de comprendre que même si votre opération a lieu, vous devez prendre conscience du danger de fumer avant un acte chirurgical.
Et vapoter avant une opération à l'hôpital ?
On pourrait penser que vapoter avant une opération est moins dangereux. C'est faux.
Pour éviter un quelconque risque de complication pulmonaire, tout ce qui va passer par vos poumons peut avoir des conséquences négatives sur l'acte opératoire.
Une étude publiée dans le New England Journal of Medicine montre que le vapotage peut causer des dommages pulmonaires, notamment des fibroses. L'étude va même plus loin et compare les dommages causés par la cigarette électronique aux problèmes pulmonaires généralement observés chez les soldats revenant de conflits à l'étranger et ayant inhalé de la moutarde ou des gaz similaires nocifs.
Sans aller aussi loin, le vapotage cause généralement une obstruction des petites voies aériennes avec des symptômes similaires à ceux de l'asthme. Étant donné l'importance cruciale de l'appareil respiratoire pour le bon déroulement d'un acte chirurgical , il vaut mieux éviter de vapoter dans la période pré-opération.
En profiter pour arrêter de fumer avant une opération chirurgicale
Oui, mais voilà, dire que les fumeurs risquent des complications opératoires n'est sans doute pas toujours suffisant lorsque l'on est vraiment accro. La cigarette est un poison qui représente un danger au quotidien, alors on se dit que finalement, une cigarette de plus ou de moins ne va rien changer... opération ou non.
Sans prendre une posture ultra moraliste, fumer est vivement déconseillé avant de passer au bloc pour toutes les raisons évoquées précédemment.
Le sevrage préopératoire n'est pas toujours facile à accepter pour les personnes dépendantes au tabac. Pire encore, cela peut être une raison pour beaucoup de refuser de se faire soigner.
L'idée de pouvoir fumer les jours précédant l'opération peut représenter une angoisse profonde, souvent bien plus grande que le simple fait de se faire opérer.
Ce passage à l'hôpital est peut-être finalement l'excuse que vous attendiez depuis longtemps. Parfois, un ultimatum nous empêche de nous poser des questions sur le bon moment pour arrêter ou non.
Vous n'avez pas le choix. La frustration de devoir vous retenir pendant seulement quelques jours peut être très forte. Arrêtez, et cette frustration se transformera en envie de fumer plus facile à repousser.
L'intervention chirurgicale approche. Vous n'aurez sans doute pas d'autre opportunité d'abandonner la cigarette dans les 10 prochaines années.
Prenez la décision d'arrêter de fumer aujourd'hui !
Questions fréquentes
Quels délais d'arrêt avant une opération sont documentés ?
Trois délais, repris par le référentiel français depuis une conférence d'experts sur le tabagisme péri-opératoire.
Un arrêt 6 à 8 semaines avant l'intervention entraîne la disparition du risque de complications opératoires dues au tabac. Un arrêt 3 à 4 semaines avant apporte un bénéfice sur tous les paramètres opératoires.
Arrêter la veille sert-il encore à quelque chose ?
Oui, et c'est le seul délai en heures de toute cette section.
Un arrêt 12 à 48 heures avant l'intervention permet une baisse du monoxyde de carbone circulant, et donc une meilleure oxygénation.
Faut-il continuer après l'opération ?
Le référentiel le précise : poursuivre le sevrage pendant le temps nécessaire à la cicatrisation, soit 2 à 4 semaines, favorise les suites opératoires.
En cas de consolidation osseuse, le délai passe à 2 à 4 mois.
Faut-il prévenir l'équipe qui opère ?
C'est la seule bonne réponse à cette question.
Aucune page de ce site ne peut évaluer une situation opératoire ni décider d'un report. Le chirurgien et l'anesthésiste sont les interlocuteurs.
Quel traitement peut aider à tenir ce délai ?
Les substituts nicotiniques, remboursés à 65 %, sans sur-risque cardiaque démontré, y compris chez des personnes déjà porteuses d'une maladie cardiovasculaire.
Le dosage se règle avec un pharmacien ou un médecin, et le 39 89 est gratuit.
Pour aller plus loin
Article vérifié le 11 août 2026.